Après avoir un peu galéré pour trouver comment joindre Kanchipuram, je finis par prendre un bus local vert. J'aurai un changement. J'ai beaucoup de mal à me faire comprendre des employés publics, et la fatigue se fait sentir. Je finis par comprendre qu'il faut que je mette mon gros sac devant, dans les pieds du receveur.
Car en Inde, il coûte moins cher de rémunérer des salaires que d'automatiser les processus, et toutes les activités se font donc avec un luxe de moyens humains que nous ne connaissons plus. C'est frappant dans les mini-markets où les vendeuses pullulent, alors que nos hypers sont de plus en plus vides. Nous avons supprimé tous ces petits boulots, en parvenant même à nous féliciter de la disparition de ces tâches peu gratifiantes voire pénibles. Et pourtant ce sont autant d'emplois faisant vivre des familles que nous avons méthodiquement chassé de notre horizon, enfin, pas pour longtemps puisqu'en définitive leurs titulaires potentiels se retrouvent dans la rue. Il y a certes des pauvres et des mendiants en Inde, mais je ne suis pas certain que nous faisons mieux depuis 30 ans.
Nous partons donc par les petites routes. Celles-ci ne permettent pas à deux véhicules de se croiser aisément, mais cela n'empêche pas le chauffeur de foncer aussi vite que son moteur le lui permet (cela demeure raisonnable). Le bus est très vieux, le levier de vitesse est en partie relié au moteur par des ficelles, mais ça marche.
Le seul problème est que je ne sais pas si ma correspondance est au terminus ou pas. Je n'ai pas de connexion réseau, je suis épuisé, je finis par descendre à ce qui ressemble à une gare routière d'importance. Je fais même au revoir au chauffeur. Son collègue me rattrape sur le bitume et me dit de remonter, ce n'est pas encore là. Plus tard, une fois arrivés à destination, il m'accompagnera jusqu'au second bus et refusera un pourboire pour ses bons soins, mais sourira devant mes remerciements soulagés (même si on ne se comprend pas vraiment).
Le deuxième trajet s'effectue de nuit : les phares y arrachent les fantômes de pâles motocyclistes, de bœufs ou de charrettes peu réactives aux coups de klaxon, mais finalement je m'en moque et nous arrivons à destination après trois heures de route, pour environ 70 kilomètres. Un tuk tuk, un repas dans le restaurant de l'hôtel (malheureusement animé par une bande son à base de flûte de pan pour aéroport), et au lit.
Car en Inde, il coûte moins cher de rémunérer des salaires que d'automatiser les processus, et toutes les activités se font donc avec un luxe de moyens humains que nous ne connaissons plus. C'est frappant dans les mini-markets où les vendeuses pullulent, alors que nos hypers sont de plus en plus vides. Nous avons supprimé tous ces petits boulots, en parvenant même à nous féliciter de la disparition de ces tâches peu gratifiantes voire pénibles. Et pourtant ce sont autant d'emplois faisant vivre des familles que nous avons méthodiquement chassé de notre horizon, enfin, pas pour longtemps puisqu'en définitive leurs titulaires potentiels se retrouvent dans la rue. Il y a certes des pauvres et des mendiants en Inde, mais je ne suis pas certain que nous faisons mieux depuis 30 ans.
Nous partons donc par les petites routes. Celles-ci ne permettent pas à deux véhicules de se croiser aisément, mais cela n'empêche pas le chauffeur de foncer aussi vite que son moteur le lui permet (cela demeure raisonnable). Le bus est très vieux, le levier de vitesse est en partie relié au moteur par des ficelles, mais ça marche.
Le seul problème est que je ne sais pas si ma correspondance est au terminus ou pas. Je n'ai pas de connexion réseau, je suis épuisé, je finis par descendre à ce qui ressemble à une gare routière d'importance. Je fais même au revoir au chauffeur. Son collègue me rattrape sur le bitume et me dit de remonter, ce n'est pas encore là. Plus tard, une fois arrivés à destination, il m'accompagnera jusqu'au second bus et refusera un pourboire pour ses bons soins, mais sourira devant mes remerciements soulagés (même si on ne se comprend pas vraiment).
Le deuxième trajet s'effectue de nuit : les phares y arrachent les fantômes de pâles motocyclistes, de bœufs ou de charrettes peu réactives aux coups de klaxon, mais finalement je m'en moque et nous arrivons à destination après trois heures de route, pour environ 70 kilomètres. Un tuk tuk, un repas dans le restaurant de l'hôtel (malheureusement animé par une bande son à base de flûte de pan pour aéroport), et au lit.