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dimanche 6 août 2017

Un trajet vers Pondichéry contrarié par des ATM peu coopératifs

Je m’étais normalement prévu un peu de luxe pour ce trajet, que je devais faire avec une voiture avec chauffeur. L’idée était de s’arrêter aux forts de Gingee et d’en visiter au moins un. Un peu d’architecture militaire pour changer ! Il y a trois forts perchés sur des promontoires, reliés par des murailles. Le lieu est très prisé des Indiens car de nombreux films populaires ont été tournés là. Le chauffeur permettait de ne pas perdre trop de temps, le site fermant très tôt, et de mettre les bagages en lieu sûr pendant l’excursion.

Mais les ATM de Chankipuram en ont décidé autrement. Mes dernières réserves de cash ayant été avalées par un hôtelier incompétent en matière de terminal de paiement, j’avais besoin de me refaire un matelas, j’étais trop juste. Malgré 5 ou 6 tentatives je n’ai pas réussi. Il y a même eu un ATM pour me faire un coup pendable. Ce farceur m’a informé que j’avais fait une opération invalide et qu'en conséquence ma carte ne me serait pas restituée. Puis il m’a remis un ticket d’incident et m’a conseillé de prendre contact avec mon agence bancaire. Mais d’agence locale, pas de trace, ou alors rideau baissé : entre midi et seize heures beaucoup d’activités sont en pause.

J’ai ressenti une chute de moral, imaginant les démarches que j’allais devoir entreprendre, le tout sans presque plus d’argent. A part aller au Kerala en bus pour rejoindre les respirateurs, je ne voyais pas trop quoi faire. J’avais sans doute assez, à condition de tenir vingt quatre heures dans une série de bus verts, sur des routes en partie montagneuses.

Puis je me suis rappelé que j’avais ma carte de crédit professionnelle, un vrai soulagement. Et en rangeant le ticket d’incident, j’ai vu ma carte de crédit personnelle bien rangée à sa place : logique, puisqu’il faut retirer la carte avant toute opération. Mais ça l’ATM avait réussi à me le faire oublier, avec ses propos culpabilisateurs. Invalide toi-même !

J'avais perdu beaucoup de temps et il ne me restait plus qu’à prendre le bus. Dans la gare routière, je m’attardai pour prendre quelques photos, c’est fou la vie qu’il y a dans ces endroits.



Puis le receveur me donna la place du mort, car j’ai un gros sac pas facile à caser. D’habitude on y met les prêtres, moins pour les honorer que par ce que ce sont les plus proches d’une bonne réincarnation. En cas d’accident c’est déjà moins grave si quelqu’un doit passer par le pare brise.

La gare routière est totalement engorgée de bus, et un grand embouteillage de tôles chauffées à blanc s’y est formé, dont notre chauffeur mettra un temps considérable à s’extraire, dans un concert ininterrompu de klaxons. Le reste du voyage se passe mieux.




Temple d’Arunachaleshwar à Tiruvannamalai

Ma première tentative pour rentrer dans le grand temple consacré à Shiva (10 hectares) sera infructueuse car les hommes doivent y couvrir leurs jambes : je suis donc obligé de repartir me changer à la résidence, qui heureusement n’est pas trop loin. En ressortant, trois moines, ou ce qui leur ressemblent, exigent 2000 roupies pour la garde de mes chaussures. Ils sont assez vindicatifs, mais je ne leur laisse que 50 roupies et un éclat de rire, ce qui n’est déjà pas mal.

Du coup à la résidence je prends un plastique où mettre mes sandales, que je retire donc un peu avant le temple, et cache dans mon sac.


A l’intérieur, aucun guide ne m’agrippe, et je visite donc tranquillement les parties du sanctuaire autorisées aux non hindous.

J’assiste aux bénédictions données en série par un éléphant contre une pièce glissées dans sa trompe. C’est amusant de le voir enchaîner les mouvements de collecte, de bénédiction et de remise du cash à son cornac, mais je ne préfère pas savoir ce qu’il a enduré pour faire son numéro. Un ami m’a conseillé d’éviter les ballades à dos d’éléphant car, ne le supportant pas, ils sont torturés pour l’accepter. Du coup, alors que c’est interdit, je garde un souvenir de la scène.


Je suis une file d’hindous faisant la queue dans un petit temple. En progressant j’observe ceux qui en ressortent dessiner une svastika sur le mur avec une poudre blanche. Celle-ci symbolise le cycle de la création et de la destruction de l’univers, domaine de Shiva. Arrivé devant le prêtre celui-ci me demande d’où je viens, me fait un tilak et me donne un peu de poudre blanche à toutes fins utiles. Mais il est hors de question que je dessine une croix gammée comme les autres.

Si vous voulez avoir la vision d'Anne sur le même endroit, c'est par ici.

samedi 5 août 2017

Temple et piscine pour Anne

Après l'ashram de Sri Ramana, Anne et les respirateurs sont aller au temple d'Arunachaleshwar, toujours à Tiruvanamalai.

Il y avait foule devant l'entrée du sanctuaire intérieur, interdit aux non hindous. Anne a observé un rituel sur le taureau Nandi, monture de Shiva (badigeonné successivement de lait, de curcuma, de yaourt, de cendres, de ghee - beurre clarifié- offerts par les femmes, pour célébrer leurs époux !)...


Si vous voulez avoir la vision de Christian sur le même endroit, c'est par ici.

Une jolie piscine attendait les respirateurs dans leur hôtel de luxe. La spiritualité c'est bien, mais faut pas abuser non plus !


Trajet vers Tiruvanamalai

Après avoir interrogé quelques employés successifs qui tous m’envoient à des endroits différents de la gare routière, je finis par trouver mon bus. Enfin je n’en suis jamais tout à fait certain, car je doute de bien prononcer le lieu de destination, et j’obtiens parfois des réponses contradictoires. Je me fais confirmer plusieurs fois que je suis dans le bon bus, c’est plus sûr, et un quart d’heure après être parti, je vérifie que nous avançons dans la bonne direction.

En effet les destinations affichées dans les bus sont en caractères tamouls et donc illisibles pour moi. Et quand je pose une question les habitants me répondent souvent par un curieux dodelinement de la tête, assez ambigu quant à son sens.


Le receveur me fait mettre mon sac devant et m’indique une place sur une banquette près de deux hommes. Il y a la place sauf pour mes genoux, j’ai d’énormes difficultés à les caser, ce doit être un emplacement pour enfants, c’est pas possible ! Évidemment cela fait mal, mais à une escale j’ai l’occasion de m’approprier une meilleure place où je peux étendre mes jambes sans difficultés, même si je n’ai plus grand chose pour me protéger de la route que le pare-brise.

A l’arrivée, le chauffeur du tuk-tuk a sincèrement du mal à localiser le lieu de ma résidence, qui vient d’ouvrir. Cela se voit d’ailleurs, le réceptionniste s’exprime difficilement et ne parvient pas à faire fonctionner le lecteur de carte de crédit. J’ai droit à un appartement pour quatre, dans lequel je me perds rapidement car une porte de communication est demeurée ouverte avec l’appartement adjacent, ce qui me vaut de m’étonner d’avoir deux cuisines, puis de ne plus retrouver le séjour où j’ai déposé mes affaires. Heureusement le réceptionniste me hèle avant que je ne devienne fou, et après quelques hésitations parvient à faire fonctionner la climatisation et à me donner le code WiFi (qui fonctionne de façon aléatoire).

De ma fenêtre je vois le gopura est du temple que je vais voir demain, avec en arrière-plan la montagne sacrée (un volcan éteint) dont les pèlerins shivaïtes font le tour pieds nus les nuits de pleine lune, en s’arrêtant aux 8 linguams vénérés.



Le soir j’échoue au Dreaming Tree, un restaurant presque bio (c’est ainsi qu’ils se vendent), où je retrouve quelques faces de visage pâle, et une ambiance agréable sous une paillote bien ventilée, sur le toit d’un petit immeuble. Si je n’avais pas pu guider mon chauffeur avec Google Maps, nous n’aurions jamais trouvé, le nombre de touristes est trop insignifiant pour que tous les lieux qu’ils aiment fréquenter soient connus. Pour fêter cela je commande successivement deux ginger beers (sans alcool) et des tacos végétariens entourés de quelques légumes frais, que la carte décrit comme parfaitement désinfectés à l’ozone. Je ne serai pas malade en tout cas.

Au retour la circulation s’est bien calmée : les indiens ne semblent pas se coucher très tard.

Premier ashram pour Anne

Anne a commencé par visiter un Ashram avec les respirateurs.

Ce matin, nous avons visité l'Ashram de Sri Ramana, où viennent se recueillir les fidèles d'un gourou hindou particulièrement reconnu, Sri ramana Maharshi. Son visage dégage une grâce et une bonté extraordinaires... Et que de ferveur chez les fidèles, petits et grands !


Dans le hall du samadhi (où se trouve la tombe du gourou), lieu de méditation et de prieres (puja). A noter que les hommes sont d'un côté, les femmes de l'autre... ce qui n'était pas le cas l'année dernière ! L'un des effets du nouveau gouvernement, extrêmement à droite ?!


Le déjeuner dans des feuilles avec les doigts !



vendredi 4 août 2017

Anne à Tiruvanamalai

Anne a foncé à Tiruvanamalai avec son groupe de respirateurs. Voici le message que nous recevons sur WhatsApp.

Arrivée en fin d'après-midi à Tiruvanamalai, où l'on a pu apercevoir, au pied de la colline d'Arunachala, le temple que nous découvrirons demain, l'un des plus grands du pays tamoul, à ce qu'il paraît. Presque 6 heures de route, souvent très encombrée, que le chauffeur de notre minibus dégage à grands coups de klaxons et d'embardées ! Essayer de faire la sieste dans ces conditions est sportif 😄